PETIT HISTORIQUE de la photo en couleur

Ensemble, nous allons faire un bref historique de la photographie en couleur, ensuite nous verrons comment est constituée la plaque autochrome.

Avant que la photographie ne soit découverte, on avait songé à la reproduction automatique des couleurs. Les inventeurs de la chambre claire en avaient rêvée et, c’est un chimiste allemand, en 1810, SEEBECK d’Iéna qui a observé que le chlorure d’argent, préparé d’une certaine façon, possédait la propriété de prendre les teintes rappelant celles des rayons colorés qui le frappent.

Aussi, lorsque DAGUERRE, après avoir repris les travaux de N.NIEPCE, eût inventé la photographie, chercha-t’il dans ce sens et en 1839, et à l’Académie des Sciences, il présenta un rapport où théoriquement les bases de la photographie des couleurs par la méthode trichrome était posée en se fondant sur des poudres de chlorure d’argent.
En 1848, Edmond BECQUEREL obtint les premières photographies en couleur en produisant des sels de chlorure d’argent par électrolyse sur des plaques d’argent métalliques polies : mais l’impression de ces plaques étaient très lente, les couleurs ternes et mal fixées. Malgré les perfectionnements apportés par Niepce de St Victor, Poitevin et St Florent, ce ne fut qu’un embryon des photographies des couleurs.
En 1852, MAXWELL, physicien anglais, après de longues études sur la lumière et les couleurs, arrive à montrer que, quoique le nombre des couleurs soit illimité, toutes celles-ci pouvaient, au point de vue de l’impression sur les yeux, se résumer à trois couleurs fondamentales dont les combinaisons, infiniment variées, sont susceptibles de produire toutes les nuances possibles : il est actuellement admis que les couleurs fondamentales des lumières colorées sont « le Violet, le Vert et le Rouge Orangé ».
En 1868, deux français travaillant isolément, Charles CROS et DUCOS DU HAURON, déposèrent à peu près en même temps à l’Académie des Sciences, des plis cachetés dans lesquels, ils décrivaient, chacun de façon à peu près identique un procédé de photographie des couleurs, basé sur les travaux de Maxwell, c'est-à-dire sur les couleurs fondamentales : le procédé trichrome était cette fois définitivement découvert.

Si d’une façon quelconque nous prenons d’un même sujet trois photographies tirées des écrans colorés, rouge, jaune et bleu et si de ces négatifs nous tirons trois positifs sur verre qui seront respectivement colorés avec les couleurs complémentaires du rouge, du jaune et du bleu, puis si nous superposons ces trois clichés en regardant dans l’image unique, nous apercevrons, oh merveille !, le tableau coloré qui était sous nos yeux.
De 1868 à 1904, de très nombreux appareils photographiques ont vu le jour pour arriver d’une façon pratique à tirer les trois clichés, puis pour regarder les positifs. Je vous laisse penser aux trésors d’ingéniosité qui ont été déployés pour cela.
Nos compatriotes, Méssieurs LUMIERE, ont en 1900 à l’Exposition Universelle, exposé de splendides trichromies par superposition de trois images colorées, mais, tous ces procédés, plus ou moins parfaits, étaient de véritables expériences de laboratoire à la portée de très rares amateurs.
Les frères LUMIERE ont résolu le problème, en mettant à la surface d’une seule plaque les écrans colorés, et en faisant faire à cette même plaque les opérations du négatif et ensuite du positif, réduisant ainsi au maximum les opérations pratiques.
Mais tout cela a demandé des années de travail, des recherches très minutieuses, enfin la fabrication de machines inconnues jusqu’à ce jour, pour arriver à mettre au point industriellement leur découverte. (Dépôt du brevet en 1904 – Commercialisation en 1907) Les Frères LUMIERE ont fait preuve d’une ingéniosité véritablement extraordinaire!
Grâce à eux, naquit la Plaque AUTOCHROME, qu’ils en soient remerciés!